ob_50e6b600ee1f1e6512aab862fadc06b3_recevoir-a23293323-1De nos jours, notre société occidentale idéalise le don gratuit et le sacrifice.

On aime souvent croire que la générosité, c’est pouvoir donner sans recevoir. Cependant, l’acte de rendre fait partie intégrante de notre psychisme. N’est-il pas cohérent que les échanges égalitaires engendreront d’avantage de relations égalitaires?

Alors que des échanges qui ne vont que dans un sens établiront des liens de dominant/dominé. Donner sans recevoir ou recevoir sans donner entraîne des relations inégales qui favorisent la sujétion et la prise de pouvoir sur l’autre.

Sans titre

 

Plusieurs expériences du département de psychologie de l’université du Michigan ont révélé que si une personne faisait un don trop important, cela suscitait une réaction de rejet chez toutes les personnes ayant le sentiment de ne pas pouvoir rendre l’équivalent.

Si l’on prive une personne de sa capacité de réciprocité, cela réveillera en elle un sentiment de frustration, voire de honte.

Sans titre

Quarrel between men and womenDonner et recevoir est un équilibre complexe et difficile à maintenir dans une relation. Cependant, lorsque l’on connaît et respecte la loi de réciprocité, cela nous permet de construire des liens solides dans un respect et une confiance mutuelle.

Isabelle Fillioza, dans son livre, “Moi et les autres”, nous permet de mieux comprendre pourquoi trop recevoir peut entraîner le rejet ou la frustration :

Lorsque l’on Donne, nous prenons un risque dans la relation. En effet, nous offrons une partie de nous à l’autre au risque d’être rejeté si notre interlocuteur n’accepte pas ou n’apprécie pas notre cadeau, nos attentions, etc.

Si notre don est accepté, nous sommes grandis par notre acte. D’une certaine manière, nous sommes mis en valeur car nous nous sentons utile, important mais aussi généreux. Donner offre, symboliquement, à l’autre « une dette » jusqu’à ce qu’il rende à son tour…

Sans titre

Parfois, le receveur peut se sentir diminué voire humilié de ne pas pouvoir rendre autant. C’est pour cette raison que nous apportons des fleurs ou une bouteille de vin lorsque nous sommes invités chez des amis. D’autres peuvent s’affranchir de leur dette en animant la soirée, en racontant des blagues et faire la conversation.

ob_200c28_mes-mots-mes-simples-mots-mais-dit-avec-mon-coeurLe fait de recevoir sans contrepartie est aussi une manière d’entretenir la passivité. Certaine femme au foyer sont souvent critiquées dans leur travail alors que leur conjoint reste sans les aider devant la télé. Il préférera dévaloriser et diminuer sa femme en lui faisant croire qu’elle doit en faire d’avantage pour justifier sa passivité. La clef pour sortir de ce schéma est d’arrêter d’essayer d’en faire plus (car cela ne fera qu’augmenter sa dette et donc son agressivité).

En revanche, inciter son conjoint à s’impliquer un minimum pourrait permettre une relation plus égalitaire. Il se sentira plus valorisé, plus impliqué et aura moins besoin de rabaisser sa femme. On peut aussi se sentir en dette lorsque l’on n’a pas reçu, alors que l’on a été en droit de recevoir.


Cette dynamique fonctionne pour les relations enfants/parents. Un enfant qui a reçu tout l’amour et l’affection de ses parents n’est pas en dette parce qu’ils ont été payés directement par l’échange d’amour.

Un enfant qui a grandi sans amour est en dette ; ses parents l’ont assumé, voire ignoré ou maltraité. Lorsqu’il sera adulte, cet enfant non aimé pourra avoir tendance à donner sans cesse à tout le monde comme pour effacer sa dette.

Sans titre

EquilibreIl y a des personnes qui ne donnent jamais rien, elles ont perdu l’espoir de se faire aimer. Quand on a été trop humilié ou dévalorisé, on a l’impression de ne pas être intéressant ou de ne rien avoir à apporter aux autres. Alors on ne donne pas!

Ce n’est pas de l’égoïsme (l’égoïsme, c’est penser à soi avant les autres) car celui qui ne donne pas n’a justement pas assez d’ego. D’autres ne veulent pas non plus recevoir de cadeau pour ne pas éprouver de la gratitude. Il est fréquent que ceux qui ne donnent pas n’aiment pas non plus recevoir.

Recevoir, c’est accepter un échange et rentrer dans une dynamique de réciprocité et donc accepter de créer un lien. Or, ces personnes fuient les relations car recevoir c’est aussi se sentir digne d’intérêt.

Sans titre

Vous l’avez compris. Le fait de donner et de recevoir n’est pas quelque chose d’anodin. Nos échanges révèlent qui nous sommes : notre rapport aux autres et à nous-même. Ils dessinent les bases d’une relation. Et vous? Est-ce que vous donnez trop? Est-ce que vous acceptez de recevoir? Avez-vous construit vos relations amicales et amoureuses sur des échanges égalitaires?

Sans titre

image-5

Sans titre

 

Cet articles est extrait du livre ” Les autres et moi” d’Isabelle Filliozat :

Sans titre

0785 poche

Sans titre

Sans titre

PARTAGER