grer-les-signes-de-reconnaissances-5-728.jpgLes différents signes de reconnaissance

Le besoin de reconnaissance nous nourrit tout au long de notre vie. Peu de personnes savent qu’ils existent deux types de signes de reconnaissance: Ils peuvent être soient positifs ou soit négatifs.

Lorsque l’on pense au mot reconnaissance, on pense plutôt à un compliment, donc à quelque chose de positif.

Mais un signe de reconnaissance peut être aussi négatif, par exemple : « je ne t’apprécie pas” ou une désapprobation «je n’aime pas ce que tu fais”.

Je m’explique car cela est très important, tout l’intérêt de cet article réside dans ce concept:

Imaginez, un enfant avec sa mère qui se ballade au parc. Lorsque la mère rencontre une amie au bout de quelques minutes l’enfant s’agite et commence à faire des bêtises pour attirer l’attention sur lui.

En fait, pour tout être humain, l’indifférence est insupportable, c’est pourquoi lorsque nous n’arrivons pas à exister à travers des signes de reconnaissances positives nous attirons l’attention (inconsciemment) de manière négative. Souvent, ces schémas se mettent en place dans l’enfance.

Si vous avez besoin de plus de reconnaissance, il est important que vous constatiez d’abord comment votre entourage vous traite: Êtes-vous valorisé(e)? Encouragé(e)? Aimé(e)? Car selon de qui ils nous sont adressés ou comment nous les intégrons, les signes de reconnaissances peuvent contribuer à notre construction mais aussi à notre destruction.

Quoiqu’il en soit, ils sont autant nécessaires à la vie que l’eau que nous buvons, les aliments dont nous nous nourrissons et l’air que nous respirons. Si nous sommes, de plus en plus, vigilants sur la qualité de ce que nous buvons, avalons ou respirons, il n’en est pas toujours de même avec les signes de reconnaissance….

ATTENTION!!! Les signes de reconnaissance négatifs n’ont rien de mauvais dans l’absolu. Certains peuvent être constructifs. Ils permettent de dire à une personne que l’on n’apprécie pas tel comportement ou que telle action pourrait être améliorée. Dans un contexte de travail, par exemple, ils permettent d’indiquer des voies de progrès (par ex : « je trouve que ton rapport ne colle pas, il faudrait que tu retravailles la partie portant sur les recommandations »).

Cependant, ils peuvent être nuisible, voir toxique dans certains cas :

Si l’intention de la personnes est malveillante. Son désir n’est pas constructif mais de de blesser et rabaisser la personne.
Si la personne émet uniquement des signes de reconnaissances négatif. C’est important de reconnaitre les tords/défauts/… mais aussi de souligner les qualités.
Les signes de reconnaissances Conditionnels sont acceptés. Ils concernent la capacité de faire. Les signes de reconnaissances Inconditionnels sont à éviter. Ils concernent l’appréciation d’une personne par exemple: “Je ne t’aime pas”.

Les différents filtres à signes de reconnaissance

Il faut savoir que les signes de reconnaissance ne sont pas valorisés de la même façon par tout le monde et dépendent des situations (du moment, de la personne qui le donne,…). Ils sont souvent filtrer. C’est à dire, que l’on transforme un signe de reconnaissance qui nous est adressé de sorte à ce qu’il cadre avec nos croyances (à l’image que l’on se fait de nous-même) et ainsi  renforce en passant une mauvaise estime de soi ou une bonne estime de soi.

Par exemple, je suis amoureuse d’un homme timide. Son manque de confiance et ses croyances négatives l’empêche de voir, de croire, en mes tentatives d’approche. Ses croyances filtrent, comme un énorme mur, mes signaux d’amour envers lui.

Certains individus minimisent les signes de reconnaissance ou les ignorent, soit parce qu’ils ne se sentent pas dignes de valeur, soit parce que ces signes de valeur sont considérés comme banals ou ne correspondent pas à leur qualité de signe de reconnaissance favorite, soit parce que la personne qui les émet n’est pas perçue comme légitime. Dans tous ces cas, on parle de filtre à signes de reconnaissance.

La subjectivité vis-à-vis des signes de reconnaissance porte également sur la quantité. Certains individus ont besoin de peu de signes de reconnaissance, tandis que d’autres en ont besoin de beaucoup.

L’excès de signes de reconnaissance négatifs est souvent un problème, d’autant plus que dans certaines cultures, on dit plus volontiers ce qui ne va pas, que ce qui va bien. Par ailleurs, on a souvent tendance à retenir davantage les signes négatifs que positifs. Des auteurs ont mis en évidence, qu’en moyenne, il faut 5 signes positifs pour compenser un signe négatif.

Claude Steiner a mis en évidence qu’en matière de signes de reconnaissance, la société tend à privilégier des mécanismes visant à créer une pénurie. Inculqués dès le plus jeune âge, par les parents et la société afin de susciter chez l’enfant les comportements qu’ils désirent, ces comportements se transforment en conditionnements, dont on a plus conscience à l’âge à l’adulte.

On en distingue 5 :

Ne donne pas les signes de reconnaissance que tu as envie de donner

Il est souvent plus facile de ne pas donner de signes de reconnaissance que d’en donner.

Par exemple : par pudeur, «parce que cela ne se fait pas» ou parce qu’on en a pas l’habitude, on tait parfois un signe de reconnaissance positif. D’ailleurs certains groupes sociaux ou milieux privilégient les signes reconnaissance négatifs.

Inversement, parce ce que l’on ose pas, par peur de blesser ou parce que cela ne se fait pas, on aura tendance à ne pas donner de signes de reconnaissance négatifs, à ne pas formuler de critique, même si elles sont constructive.

Ne demande pas les signes de reconnaissance dont tu as besoin

Ce conditionnement se nourrit du préjugé selon lequel un signe de reconnaissance qui n’est pas donné de manière spontanée ne serait pas authentique ou n’aurait aucune valeur.

N’accepte pas les signes de reconnaissance que tu désires
Par excès de modestie, par crainte de se mettre en valeur, on peut avoir tendance à minimiser, voire à refuser des signes de reconnaissance positifs, que pourtant on souhaite.

Ne refuse pas les signes de reconnaissance dont tu ne veux pas

Pour ne pas vexer celui ou celle qui nous le donne, on ose pas toujours refuser un signe de reconnaissance dans lequel on ne se reconnaît pas.

Ne te donne pas de signes de reconnaissance à toi-même

On a souvent tendance à compter sur les autres pour nous donner des signes de reconnaissance, positifs notamment, alors qu’on peut tout à fait s’en donner aussi. Là encore, un excès de modestie nous conditionne souvent à ne pas reconnaître nous-même nos succès, nos réussites.

Pourquoi préférons-nous les coups plutôt que l’indifférence ?

faire-les-courses-avec-enfants.jpgUne mère promène son enfant de 4 ans dans la ville. Elle rencontre une amie et se met à bavarder. Au bout de quelques minutes, l’enfant commence à tirer la main de sa mère et si celle- ­ci ne réagit pas, il est vraisemblable que l’enfant va mettre les pieds dans une flaque d’eau ou faire ce qu’il faut pour que sa mère se recentre sur lui, quitte à recevoir une fessée.

Ce comportement s’explique par cette règle simple “mieux vaut recevoir des signes de reconnaissances négatifs (comme une fessée) que ne rien recevoir du tout.” En fait, l’indifférence est insupportable et dans notre vie de tous les jours, comme cet enfant, nous préférons le négatif plutôt que l’absence totale de stimulation. Dès que nous nous sentons en manque de signes de reconnaissances, nous sommes capable de nous mettre dans de mauvaise histoires relationnelles : nous recherchons la scène de ménage, le conflit, l’incident, enfin n’importe quel événement pouvant nous procurer notre dose de stimulations.

Les bêtises, les tensions, les erreurs, l’absentéisme, voir même les accidents de travail sont souvent des signes révélateurs d’un manque d’amour dans le milieu amical, familial, social ou professionnel. Faute de nous nourrir de positif, nous recherchons un négatif de substitution avec risque d’en devenir dépendant.

Pour être bien dans notre peau, nous avons besoin de nourrir notre besoin de signes de reconnaissance. Pour le faire, nous devons «relationner», communiquer, échanger avec autrui, pour nous sentir exister, ce qui peut se résumer par cette formule lapidaire «j’échange donc je suis ». Le terme même d’échange est emprunté à l’économique. Nous pouvons parler d’une véritable économie de signes de reconnaissance que nous avons à gérer sainement.

Nous établissons les bases de notre système de recherche de stimulations dès les première années de la vie. En fonction de notre environnement familial, nous prenons des décisions qui orientent notre comportement pour résoudre notre problème existentiel de base. Comment avoir le plus possible de signes de reconnaissance, ceux que nous voulons au moment ou nous les voulons. Ceci marche aussi bien pour le positif que le négatif.

Nous avons tendance à rechercher ici et maintenant, les stimulations que nous avons connues ailleurs et autrefois, même les négatives, car nous avons appris à nous en accommoder et nous savons comment faire pour les obtenir.

Pourquoi il peut être difficile de donner ou de recevoir des signes de reconnaissance ?

Profil-d--change-de-signes-de-reconnaissance.pngChaque personne possède un « cadre de référence » recouvrant l’ensemble des filtres à travers lesquels elle regarde et perçoit la réalité. Le « filtre à caresse » peut, alors, la conduire à ne pas accepter ce qui lui est dit, ou à le déformer.

Malgré tout, pour avoir plus de chances que le signe de reconnaissance adressé soit accepté en tant que tel, Claude Steiner précise qu’il doit répondre, lorsqu’il est émis, à un certain nombre de critères :

Personnalisé
Approprié
Dosé
Sincère
Argumenté (il doit pouvoir être argumenté)
Ceci explique qu’un signe de reconnaissance négatif, puisse, au final, être reçu et accepté par la personne à qui il est destiné, car parfaitement ajusté.

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