La façon dont se passe une naissance, ou les moyens utilisés pour faciliter celle-ci, peut influencer des comportements que l’on reproduis dans sa vie de tous les jours. Cela est particulièrement vrai lorsque l’on vit de grands bouleversements ou de grands changements dans sa vie où l’on a pas le contrôle de ce qui se passe. Le seul fait de prendre conscience des difficultés vécues à ce moment peut aider à comprendre et à changer des comportements qui en découlent. Voici des exemples de situations les plus fréquemment rencontrées :

Si ma posture était mauvaise dans le ventre de ma mère

La naissance a été extrêmement difficile et douloureuse. Cela peut m’amener plus tard à vivre une vie de sacrifice, continuant ainsi de me punir et pensant que c’est la seule façon de faire qui existe. J’ai tendance à endurer beaucoup de douleur et de frustration avant de me sortir de certaines situations.

symbolique naissance

Si je suis né prématurément

Je vais souvent manifester de l’impatience : je veux avoir fini une tâche avant même de l’avoir commencée. J’ai l’impression de ne pas être complet, qu’il me manque quelque chose. Je rechercherai constamment « cette chose ».

De plus, si j’ai été placé en couveuse pour une certaine période de temps, je revivrai souvent la même solitude profonde et une impression de vivre de l’impuissance par rapport à certaines situations ou à certaines personnes. Ce qui m’amène à m’isoler et à avoir un niveau d’énergie très bas. J’aurai peur du noir, ayant été habitué très tôt dans ma vie à être dans la lumière vive et le bruit. Je peux vivre un sentiment de rejet intense du fait que j’ai eu l’impression que ma mère m’a délaissé après ma naissance. Ou l’impression qu’elle m’a « expulsé » de chez moi. J’aurai tendance, dans ce cas, à me remettre dans des situations où on m’expulsera, soit de mon logis, de mon travail, soit de mes relations affectives. Les contacts sont rares ou absents.

J’ai manqué pendant quelque temps de la nourriture de ma mère, donc j’aurai tendance à manger compulsivement pour éviter de revivre ce manque. J’aurai pu entendre des personnes qui sont venues me voir à l’hôpital : « Comme tu dois te battre pour survivre ! » En grandissant, je vais garder cette impression de devoir me battre pour ma vie et pour les bonnes causes. Laisser aller, démissionner devient alors pour moi synonyme de danger de mort. Le fait d’être placé en couveuse est pour ma survie et ceci se fait notamment en prenant suffisamment de poids. Plus tard, je pourrai avoir de la difficulté à perdre du poids puisque j’ai enregistré dès la naissance que je dois conserver un certain poids afin de survivre.

blankSi je suis né en retard

Je vais avoir de la difficulté à être ponctuel et à remettre des travaux à temps. Je prends mon temps et je me sens souvent bousculé dans les choses à faire. J’aime aussi que les choses soient faites à ma manière. Je pourrai démontrer de l’agressivité par rapport aux personnes qui veulent me faire sentir coupable de mes retards, car j’aurai l’impression que c’est à cause des événements extérieurs si je suis en retard. J’aurai tendance à ruminer avant d’agir, ayant de la difficulté à prendre des décisions.

Dans ma vie, je peux aussi avoir tendance à vouloir m’accrocher aux personnes avec lesquelles je me sens à l’aise. Peut-être ma mère voulait me garder plus longtemps avec elle, s’en faisant pour moi et étant si heureuse de me sentir à l’intérieur d’elle. Ou était-ce plutôt moi qui voulais rester fusionné à elle ? Le fait d’être né soit trop tôt soit en retard engendre donc en général des situations conflictuelles avec le temps. J’accepte d’apprendre à prendre le temps de bien faire les choses et aussi prendre du temps pour moi. J’apprends à vivre dans le moment présent.

Si ma naissance a été provoquée

symbolique naissance

Cela dénote souvent que je n’étais pas prêt à venir au monde ; je peux alors vivre beaucoup de frustrations qui m’accompagneront tout au long de ma vie. Je peux aussi développer une méfiance par rapport à mon entourage. L’accouchement provoqué ou par césarienne amène souvent l’enfant à être frustré ou en réaction de colère car il n’est pas prêt à venir au monde : soit qu’il sente les peurs de la mère, soit qu’il ait peur lui-même.

La coupure de la césarienne est drastique : l’enfant est sorti brutalement du ventre de la mère. Il est donc évident que cette sortie trop rapide pour lui entraîne des frustrations. C’est pourquoi on voit souvent ces nouveau-nés pleurer beaucoup dans les premiers mois de la naissance. Le fait que l’accouchement ait dû être provoqué implique parfois que c’est le médecin qui a décidé du moment de l’accouchement. Cela peut se traduire dans la vie de tous les jours par le besoin que quelqu’un d’autre prenne les décisions pour moi.

Je pourrai aussi avoir une réaction totalement opposée, ne supportant pas que ce soit les autres qui décident pour moi, ne voulant pas « laisser ma destinée entre leurs mains ». Seule mon opinion comptera puisque, inconsciemment, je me souviens que lors de ma naissance, on ne m’a pas consulté pour savoir quand j’étais prêt à venir au monde.

Si ma mère a eu besoin d’une anesthésie pour me mettre au monde

Je peux avoir tendance à m’endormir à tout moment et j’« anesthésie » la réalité, je ne perçois pas clairement et j’interprète à ma façon les événements, selon les peurs que j’entretiens. Il s’agit d’une forme de fuite, tout comme une drogue : en m’engourdissant, me « gelant », j’évite de rentrer en contact avec mes émotions et mes peurs. J’ai de la difficulté à recevoir des caresses et je peux avoir des maladies au niveau de la peau. Je peux avoir une peur marquée pour la douleur et avoir tendance à être distrait au travail, et ayant de la difficulté à accepter de faire des tâches qui demandent plus de temps et d’énergie.

Si je me retrouve avec le cordon ombilical enroulé autour du cou

Je me sens « étouffé » par les gens ou les situations. Je peux être plus fragile au niveau de la gorge, j’ai de la difficulté à m’exprimer, à communiquer simplement et affirmativement. J’ai tendance à me sentir « pris à la gorge ». Cela peut dénoter le désespoir de la mère par rapport à cet enfant à naître, se demandant si ce bébé naîtra dans les meilleures conditions possible et s’il doit vraiment venir en ce monde. Elle ne veut pas le laisser aller.

Je peux vivre un malaise lorsque j’ai à porter une cravate, un foulard ou des bijoux car cela me rappelle, même inconsciemment, que j’ai déjà failli mourir avec le cordon autour du cou. J’aurai de la difficulté à rester proche des gens. Autant physiquement qu’au niveau affectif car j’ai l’impression qu’on « prend mon air ». Et je n’ai surtout pas le goût de me mettre la « corde au cou » en me mariant.

Si je suis né par césarienne

Il y a deux scénarios possibles : il peut avoir décidé de sortir mais il est coincé. L’autre possibilité est que l’on soit allé le chercher avant qu’il ne soit prêt à sortir. Dans ces cas, j’ai généralement de la difficulté à mener des projets à terme ; un effort prolongé et constant m’est difficile. Le découragement me gagne facilement. Je préfère que les gens fassent les choses à ma place, me sentant incapable de le faire moi-même.

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Je pourrai avoir l’impression aussi que la vie ou que les gens me traitent injustement. Ou, si l’on veut, que je n’ai pas le juste retour des efforts que je mets pour accomplir une tâche. « Rendez à César ce qui appartient à César ! »

Le fait d’avoir une césarienne m’empêche, moi en tant que mère, d’accoucher par le vagin. Il se peut que j’aie vécu une situation dans ma vie où je me suis sentie abusée. Que ce soit arrivé vraiment ou que j’aie eu une peur atroce que cela n’arrive. Cela ne fait aucune différence. Ce qui compte, c’est comment je l’ai vécu dans mon ressenti. Voulant éviter de me remémorer cet événement douloureux, la césarienne devient donc une façon plus facile pour moi d’accoucher de mon enfant.

Si je suis cet enfant, je peux développer un comportement hésitant, peureux et avoir de la difficulté à m’engager dans la vie. Je ne fais pas confiance à mes décisions car j’ai peur de me tromper. Puisqu’il n’a pas eu ce contact (peau) avec la mère au moment de la naissance, j’aurai peut-être de la difficulté à apprécier la sexualité dans le contact avec la peau plus tard.

Si je suis né par le siège

Je vis souvent de la culpabilité, notamment parce que j’ai l’impression de faire souffrir les gens autour de moi. Je retiens beaucoup et j’ai de la difficulté à laisser aller et à faire confiance. C’est pourquoi, je vis avec beaucoup de tension intérieure. Tout ce que je vis est difficile et semble durer une éternité. Je ne me sens pas bien assis dans la vie. C’est comme si j’étais en ce monde à reculons, n’étant pas désiré ou ne me sentant pas capable de rencontrer les désirs et les attentes de mes parents. Je peux aussi avoir l’impression que je me sens limité dans mes actions et dans mes projets. C’est comme si les gens et les circonstances de la vie faisaient en sorte de vouloir me faire céder dans les nouvelles actions que je veux entreprendre.

blankSi je suis né avec l’utilisation de forceps

Ceux-ci saisissant et protégeant ma tête afin de faciliter mon expulsion lors de ma naissance. Je peux souffrir de maux de tête, de douleurs au crâne.  Ainsi, j’ai l’impression de me heurter à beaucoup de difficultés dans ma vie. Particulièrement au début d’un projet, ou d’une nouvelle relation. J’aurai l’impression que je devrai « tenir tête » aux circonstances qui se présentent pour mener à bien mon nouveau projet ou ma nouvelle relation. Je me mets beaucoup de pression sur les épaules et je prends un malin plaisir à prendre de plus en plus de responsabilités inutilement.

Je me sens « forcé » à faire les choses, ayant souvent l’impression que « je n’ai pas le choix ». J’ai tendance à attendre au dernier moment pour faire les choses. Je peux vivre fréquemment des situations d’urgence où j’aurai besoin d’une aide extérieure, tout comme à ma naissance. Sans cette aide, je vais mourir… Cependant, si je voulais en tant que bébé rester en fusion avec ma mère, l’aide extérieure est perçue comme négative, me privant du contact avec ma maman.

Accouchement prématuré

Lorsque ceci arrive, il se peut que je ne me sente pas suffisamment mûre pour porter cet enfant à terme. Et je souhaite, inconsciemment, me débarrasser de lui avant qu’il n’arrive à terme. Je peux vouloir « rejeter » inconsciemment cet enfant, tout comme je peux me sentir moi-même rejetée parfois. Je peux avoir gardé cette grossesse secrète, cachée d’une personne de peur de sa réaction. L’angoisse, même inconsciente, d’avoir à assumer une responsabilité à laquelle je ne suis pas prête. Ou le fait que je ne me sente pas prête, peut me faire « désirer ardemment accoucher le plus tôt possible » afin de faire cesser cette angoisse de l’attente.

De toute façon, que je veuille faire cesser cette angoisse ou que je renie cet enfant, cet état de conscience est généralement nié. Je m’imagine le scénario, moi, une femme qui renierait consciemment mon enfant ? C’est possible, mais cette situation se transforme la plupart du temps en rejet inconscient de cette merveilleuse expérience. Quoi qu’il en soit, j’accepte que tout soit arrivé pour le mieux, pour moi et pour l’enfant à naître.

Source : Le grand dictionnaire des malaises et des maladies